jeudi, mai 26, 2022

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les centres de vaccination sous tension

REPORTAGE

« Je suis complètement dégouté, c’est aberrant, mais je n’ai pas le choix », lance un homme devant le centre de vaccination du Zénith de Lille, où Europe 1 a tendu le micro. « J’ai monté ma boîte et si je veux continuer de travailler, il faut que je me fasse vacciner », reprend-t-il. Autour de lui, beaucoup de familles et de jeunes attendent. Ces candidats à l’injection contre le coronavirus traînent souvent les pieds. « On est résigné dans le sens où, si on veut partir en vacances, on a véritablement plus le choix. Ce qui est dommage, c’est qu’on nous enlève cette liberté de choisir », ajoute une seconde personne devant le centre lillois.

« Ils défoulent leur agressivité, leur mécontentement sur nous »

Alors depuis quelques temps, certains de ces patients forcés, une minorité, passent leurs nerfs sur les soignants. « Ils viennent par obligation et donc, pour eux, ils ont tous les droits. Ils râlent, ils ne sont pas contents et ils défoulent leur agressivité, leur mécontentement sur nous comme si on était responsable de quelque chose », raconte Charles Charani, responsable de deux centres de vaccination dans la métropole lilloise. Avant d’ajouter : « Et si, par hasard, on leur dit ‘c’est normal, il faut se faire vacciner’. Alors là, c’est comme si on les avait insultés ».

Des insultes et des menaces, le médecin Jacques Franzoni et son équipe en ont été les cibles. « Les soignants sont traités de gardien de zoo, de tous les noms d’oiseaux qu’on peut connaître, de vendus à big pharma », témoigne-t-il. Parfois, les infirmiers et médecins reçoivent même des menaces sur les réseaux sociaux « sur leur Messenger, Facebook ou autre messagerie disant d’aller brûler en enfer ». 

Certains proposent de l’argent contre un QR code

Certaines personnes anti-pass sanitaire ou anti-vaccin contre le Covid-19 ont même tenté le tout pour le tout : soudoyer les soignants. « Certains patients passés à la consultation avant la vaccination ont proposé à plusieurs infirmiers des sommes d’argent qui varient de 300 jusqu’à 1.000 euros pour injecter le produit dans une compresse et donner le pass sanitaire », assure Jacques Franzoni.

Un climat extrêmement tendu donc qui ne ressemble en rien à celui des débuts de la vaccination en février dernier. « On va assumer notre rôle jusqu’au bout », insiste Charles Charani. Un soldat ne quitte jamais la guerre, mais vivement qu’elle se termine.

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