vendredi, août 12, 2022

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LA QUESTION SEXO – « Je n’aime plus ma copine, pourtant je ne parviens pas à la quitter »

« Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! » Avec ce constat terrible, Charles Swann, dans À la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, porte un regard glaçant sur sa relation tumultueuse avec Odette de Crécy. Du même coup, il résume le caractère illusoire du sentiment amoureux, ou du moins son extrême volatilité. Peut-on bâtir une vie de couple avec une personne que l’on n’aime pas, trompé par la force de l’habitude et la crainte de briser le cœur de l’autre ?

Jeudi, dans Sans Rendez-vous, l’émission santé d’Europe 1, la psychanalyste et sexologue Catherine Blanc conseille un auditeur qui se sent enfermé dans une relation sans amour, mais ne parvient pas à passer à autre chose.

La question de Samuel

« Je sors avec ma copine depuis deux ans et j’ai l’impression de simuler mes sentiments. J’ai peur de casser cette routine qu’on a installée en la quittant. Je ne suis pas très heureux et en même temps, je ne veux pas lui faire de peine. Mais disons que je la considère plus comme une amie aujourd’hui. Je ne sais pas quoi faire. »

La réponse de Catherine Blanc

« Simuler ses sentiments est assez fréquent. On finit par dire à l’autre qu’on l’aime par habitude, mais en fait, ce que l’on aime c’est l’habitude elle-même, le confort qu’elle nous procure. Et pourtant, à bien y réfléchir, on voudrait que la relation soit un peu plus pimentée, que ce soit un peu plus surprenant. Mais cela demande de l’énergie, alors on reste dans cette relation. Et même si l’on n’est plus amoureux, on se sent suffisamment attaché à l’autre pour ne pas vouloir lui faire du mal, pour préserver la douceur des liens. De cette manière, certains couples restent ensemble toute leur vie durant, puis se demandent un jour : ‘qu’en était-il de mon amour ? J’aurais tellement aimé ceci ou bien cela…’

Fondamentalement, ce n’est pas trop grave, mais cela le devient si l’on finit par se sentir fâché de passer à côté d’un amour plus bouillonnant. Et par reprocher à l’autre de nous emprisonner, alors que l’on n’a pas eu le courage de lui dire qu’il serait pire encore de s’enfermer ensemble dans une relation délétère.

Le manque d’amour de Samuel pourrait-il également être lié à un manque d’attention de la part de sa partenaire ?

Arrêtons de toujours penser que c’est l’autre qui fait que je ne suis pas heureux, et essayons d’évaluer ce que nous apportons nous-même dans la relation. Il faut être dans l’échange. Si l’on s’est mis en couple avec quelqu’un qu’on sent fragile, il n’est jamais bon de vouloir rester ensemble au seul motif qu’on a peur de lui faire du mal.

Samuel doit essayer de comprendre si son ressenti est plutôt l’expression d’une déprime personnelle ou si ce mal être est directement lié à sa relation. Si c’est propre à la relation, est-ce bien du fait de l’autre ? Comment essayer de relancer mon couple ?

S’il ne trouve pas de réponses à ces interrogations, doit-il se résigner à rompre ?

Samuel n’est en couple que depuis deux ans. Il n’est pas obligé d’inscrire son couple à la vie, à la mort. Si les choses ne se sont pas construites, s’il n’y a pas d’enfant, pas de bien commun, peut-être est-il encore temps de reprendre son envol.

Quant à ses craintes de blesser sa partenaire, rappelons que les gros chagrins, les blessures, les déprimes ne transforment pas l’être humain en sucre. Justement, ce sont des occasions de se renforcer, de réfléchir et de trouver une nouvelle confiance en soi. C’est aussi une façon de se redresser. » 

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