samedi, août 13, 2022

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les robes de mariée upcyclées de Sandrine Payeur

Aujourd’hui plus besoin de se ruiner pour avoir une belle robe de mariée. A Lunéville, la créatrice Sandrine Payeur fait de l’Upcycling (révalorisation) de robes pour les transformer en pièces uniques pour le jour J, mais aussi pour les porter après.

« La haute couture ça fait rêver, comme les contes de fée, mais ça n’est pas accessible, je veux donner la possibilité aux femmes qui le désirent d’avoir une robe unique, originale et accessible pour le jour J », explique Sandrine Payeur, couturière.

La seconde main est une tendance en pleine expansion aujourd’hui. Quand on sait que l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde, on comprend mieux pourquoi. Autre avantage non négligeable, outre sa réutilisation, le produit est toujours bien moins cher. C’est dans cette philosophie que s’inscrit la couturière Sandrine Payeur, installée à Lunéville, en relookant un vêtement sacralisé : la robe de mariée !

Des robes chinées pour être sublimées

Pour réaliser ses pièces uniques, la créatrice utilise plusieurs méthodes. La première : chiner des robes et des tissus mais aussi des accessoires qui vont apporter la touche mariage. Car Sandrine le sait bien, tout est dans l’accessoire.

« Je trouve des robes à 20 ou 30 euros, parfois même on m’en donne, ça me permet ensuite de les remettre au goût du jour, c’est souvent une transformation totale », précise Sandrine.

Exemple avec une robe typique des années 90, satinée avec des perles :
« Je l’ai déstructurée, elle est désormais courte devant. J’ai utilisé des voilages, là aussi chinés chez Emmaüs ou Recyclune à Lunéville; j’ai rajouté des bandes sur le bustier, cousu des fleurs à la main jusque sur le bout de la traîne pour donner cette impression que les fleurs se sèment en marchant », détaille la créatrice.

Une robe des années 90 totalement relookée.

© Sandrine Payeur

Pour cette pièce unique, qui aura nécessité de nombreuses heures de travail, il faudra compter 1.200 euros, mais l’objectif pour Sandrine c’est bien de proposer des robes à moins de 1.000 euros. Si les avis varient, le coût moyen d’une robe de mariée est estimé à 1.500 euros, c’est évidemment plus cher pour du sur-mesure et moins cher d’occasion ou en location.

La créatrice peut aussi réaliser des robes avec des rideaux ou des nappes : « ça étonne toujours, certes il faut se creuser la tête mais le résultat est là », assure Sandrine. La Lunévilloise n’est jamais à court d’idées, récemment avec du fil de coton crème qu’on lui avait donné, elle a réalisé un haut en crochet pour une robe de mariée à l’allure bohème chic !

Une robe ancienne ou basique transformée en robe de fête

Autre possibilité, vous pouvez apporter une robe de mariée de votre mère ou grand-mère, qui sera là aussi totalement revue, selon vos envies et pas uniquement pour la taille.

Une petite robe toute simple peut également servir de base sur laquelle Sandrine viendra s’appuyer pour customiser la pièce et la sublimer pour un mariage ou une cérémonie. L’idée c’est aussi que les clientes puissent porter de nouveau la robe après une cérémonie importante, parfois il suffit juste d’enlever le voile ou de le porter autrement.

Avec les robes de mariée je peux me lâcher c’est génial, on peut tout imaginer.

Sandrine Payeur, couturière

Robe de mariée réalisée avec une nappe, en cours de conception.

© Sandrine Payeur

Et les mariés alors ?

Généralement frileux pour tenter la carte de l’originalité, les futurs mariés pourront aussi trouver à l’avenir des vêtements dédiés.
« Je commencerais sûrement par les gilets de mariés, sur lesquels je pourrai rajouter des accessoires simples comme des broches, modernes rassurez-vous, mais cousues sur l’épaule par exemple ». Sandrine fait aussi les petites tailles, du 32, une taille difficile à trouver pour une femme adulte alors que parallèlement les grandes tailles se multiplient. 
« Je fais tout sur mesure, c’est du modelage, je n’utilise pas de patron », précise la couturière.

Une passion de longue date

La créatrice Sandrine Payeur lors de la conception d’une robe de mariée.

© Clémence Brach

Sandrine Payeur fait de la couture depuis ses quatre ans.
Après avoir créé des modèles pour ses poupées et passé un CAP couture, sa situation familiale l’oblige à trouver très jeune des petits boulots. Elle travaille aujourd’hui comme agent de service au conseil Régional. Mais sa passion ne l’a jamais quittée et son entourage l’encourage à se lancer. Il y a quelques années elle lance sa marque, Apposelina, la contraction du prénom de ses deux filles : Appoline et Celena et de Sandrine. Elle commence à faire de la décoration de mariage mais a du mal à se faire connaître.

En septembre 2020, elle prend un virage dans sa vie de femme et poursuit un vieux rêve celui de faire des robes de mariées avec son auto-entreprise. Pas de reproduction, ses pièces à elle avec ce qu’elle trouve ou ce que vous lui apportez. « Avec les robes de mariées tout est possible, j’en rêve la nuit. Je peux me lâcher sur la créativité, c’est génial on peut tout imaginer », s’enthousiasme Sandrine.

« J’adore quand on me dit, tu as carte blanche, c’est qu’on me fait confiance et quand j’entends wahou, c’est le plus beau des compliments ».

Une robe de mariée des années 70 remise au goût du jour.

© Tyreek Skybeam studio

L’objectif de Sandrine c’est aussi que les gens achètent du local, plutôt que des vêtements faits à l’étranger, où les petites mains sont souvent exploitées. Parmi les projets de cette jeune quinquagénaire, proposer des robes de soirées en location et pourquoi pas, à terme, si son activitié de développe, pouvoir vivre de sa passion.

Avec les confinements successifs, Sandrine n’a pas pu vendre ses articles. Elle possède un petit stock de ses créations présentées dans son show-room, chez elle, à Lunéville et sur sa page Instagram et va bientôt lancer son site internet.
 

L’Upcycling, kezako ?

Upcycler, c’est transformer un matériau, dans notre exemple du tissu ou d’anciennes robes, en objet de valeur.
Pour résumer c’est du recyclage par le haut.

Le concept est apparu dans les années 90, le premier à avoir utilisé le terme est Reiner Pilz : un ancien ingénieur mécanique reconverti dans l’aménagement intérieur. Les premiers à l’avoir naturellement utilisé sont les pays en voie de développement.
L’approche est bien souvent artistique car il s’agit d’une pratique assez confidentielle, contrairement au recyclage, qui permet de donner une valeur ajoutée au matériau initial. L’upcyclage utilise peu d’énergie, en cela il a un impact positif sur l’environnement et s’inscrit dans une économie circulaire. Upcycler permet aussi de créer des objets uniques. Dans les pays développés, il fait figure d’alternative éthique à la surconsommation.

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