jeudi, mai 26, 2022

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La confédération paysanne critique la réforme des calamités agricoles

Suite aux épisodes de gel à répétition, le système des calamités agricoles a été réformé. La confédération paysanne n’est pas convaincue des effets de ce nouveau texte qui laisse la couverture des pertes aux mains du privé.

En avril 2021, le premier ministre Jean Castex s’était déplacé dans la Drôme pour visiter une exploitation dévastée par le gel. Il avait annoncé un milliard d’euros pour soutenir la filière.

Depuis, la loi au 2 mars 2022 a réformé le système des calamités agricoles. En dessous de 20%, c’est à l’agriculteur de supporter les pertes. Entre 20 et 50 %, les assureurs privés prennent le relais et au-delà de 50%, l’Etat reprend la main. 
Les mesures entreront en vigueur en 2023.

Le système des calamités agricoles est réformé.

© FTV

Pierre Veyrat est arboriculteur et viticulteur. Il travaille sur cette loi d’assurance récolte pour la confédération paysanne. Selon lui, cette loi n’est pas universelle. Elle favorise les grosses exploitations comme les céréales ou la viticulture et laisse de côté les petites exploitations à la trésorerie déjà exsangue. Il estime que « l’état ayant délégué auprès du privé la capacité de couvrir les pertes, toutes les zones considérées comme non rentables telles que le maraichage et l’apiculture ne seront pas couvertes ». 

Pierre Veyrat rebondit également sur la volonté de souveraineté alimentaire revendiqué par l’état français et l’oppose à l’absence d’une véritable prise en charge universelle des pertes de production de fruits et légumes dans la loi du 2 mars 2022.

La confédération paysanne avait demandé la mise en place d’un fond mutuel et solidaire dans le cadre des aléas climatiques auquel cotiseraient tous les pans de la filière en amont et en aval comme l’interprofession, la distribution, les coopératives…  En bref, tout ceux qui ont un intérêt particulier dans l’agriculture. « Avec une assiette élargie des contributeurs, on aurait un financement plus conséquent et on entrerait dans un système qui permettrait de couvrir d’une manière universelle tous les producteurs et tous les territoires ».

Régis Gonnet, arboriculteur et viticulteur, à Glun connait bien le problème. Depuis quatre ans, ces productions abricotières sont entièrement détruites par le gel ou la grêle. 

Cette année encore, ses abricotiers ont commencé leur floraison en février, en plein hiver. « On est au même stade que l’an dernier c’est-à-dire une période plutôt précoce avec 15 jours d’avance sur une année normale ». Le gel à -2° pendant la floraison n’a pas d’impact mais tout s’aggrave quand le fruit sort de la collerette. Les températures négatives gèlent le fruit.

Cet arboriculteur exploite plusieurs variétés d’abricots et de cerises mais depuis 10 ans, il a dû changer de stratégie. « J’ai diminué mes surfaces d’abricotiers et j’ai planté d’autres espèces dans l’idée de diversifier et de diluer les risques. J’ai planté du kiwis et des noyers ».
Il se pose de nombreuses questions sur le choix des cultures dans toute la vallée du Rhône.

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