vendredi, juillet 1, 2022

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Jura : 7 km de rivière où la fièvre a disparu, des plaintes déposées après la pollution du Valouson à Nancuise

La vie piscicole a complétement disparu sur environ 7 km de la rivière le Valouson dans le sud du département du Jura en raison d’une importante pollution provoquée par un déversement accidentel de lactosérum. La fédération de pêche du Jura a déposé plainte, d’autres plaintes sont en cours.

« On est face à une situation de crise extrêmement grave » affirme Roland Brunet, le président de la fédération de pêche du Jura. La fédération a déposé plainte tout comme l’association « Pêche en Petite Montagne ». 

Entre le 13 et le 16 mai, une pollution a été constatée sur les cours d’eau le Valouson et l’un de ses affluents, la résurgence de la Doye, sur les communes de Nancuise et de Marigna sur Valouse. Sept kilomètres de rivière où la vie a tout à fait disparu. « Le lactoserum, autrement dit du petit lait, détruit l’oxygène et donc toute vie aquatique » précise le président de la fédération de pêche.  

Actuellement, une enquête est ouverte, elle est confiée à la gendarmerie d’Arinthod et à l’OFB, l’Office Français de la Biodiversité. L’origine de cette pollution n’est pas encore connue, seule certitude, il s’agit de lactosérum. 

Dans un communiqué, la préfecture du Jura précise que « des prélèvements d’eau ont été effectués et sont en cours d’analyse. Aucun puits de captage d’eau potable n’est concerné. Il n’y a pas de risque pour l’eau potable et la santé humaine ».

Selon Roland Brunet, le préfet du Jura a pris très au sérieux cette pollution. « C’est un modèle de ministère de crise » estime le pêcheur. 

Des mesures pour aider les professionnels

Priorité a été tout d’abord donnée à la sécurité des personnes. D’autres solutions ont été trouvées les activités économiques. « Par principe de précaution, la douche est interdite et les éleveurs ont été contactés afin de limiter l’accès au cours d’eau pour l’abreuvement des animaux. Les pisciculteurs des communes concernées ont mis
en pose de mesures d’oxygénation particulières de leurs bassins » détaille le communiqué de la préfecture. Les deux pisciculteurs ont malheureusement subi des pertes. Le maraîcher du secteur a pu utiliser le réseau d’eau potable pour arroser ses cultures. Nous l’avions rencontré sur son terrain, voici son témoignage et celui des maires de Marigna sur Valouse et Nancuise. Autre témoignage recueillis le 19 mai, celui de la technicienne rivière au parc naturel régional du Haut-Jura. 

Lundi 23 mai, une dizaine de bénévoles de la fédération de pêche du Jura a été chargé de prélever les poissons morts mais l’eau est encore trouble. 

Des conséquences à long terme ?

« La situation est suivie en continu grâce à des observations quotidiennes in situ et des prélèvements réguliers » conclut la préfecture. 

Cette pollution soulève plusieurs problèmes. « Nous ne sommes pas sur une pollution traditionnelle » estime Roland Brunet. La disparition de l’oxygène dans le cours d’eau a entraîné la disparition de toute la vie aquatique. « Comment restaurer ce milieu naturel quand on part de rien ?  » Le président de la fédération de pêche du Jura est très inquiet. 

Autre problème à long terme. Il se peut que le milieu naturel souterrain, une sorte de gruyère calcaire appelé karst, conserve des poches d’eau polluée. En cas d’orage, il se pourrait que la pollution soit réactivée. 

A ce jour, on ne connaît toujours pas les quantités de lactosérum déversé dans le milieu naturel.  La pollution est loin d’être achevée. D’après Gaël Delorme, un des vice-présidents de l’association « Pêche en Petite Montagne », la pollution commencerait tout juste à diminuer à la source de La Doye, une résurgence qui récupère l’eau du plateau d’Arinthod. 

Devant un tel désastre écologique, l’APPMA (la société de pêche), Pêche en Petite Montagne, a demandé à la préfecture du Jura la fermeture de la pêche de la source de la Valouse jusqu’à la confluence avec la rivière d’Ain soit sur tout le bassin versant de la Valouse. L’objectif, explique Gaël Delorme est « de ne pas introduire la pression de pêche sur le petit secteur qui demeure encore épargné ». Ne pas pêcher les quelques poissons encore vivants dans ce secteur, c’est comme conserver un trésor. Une partie de ce cheptel pourrait, peut-être, servir à redonner de la vie, un jour, sur les 7km de parcours tout à fait pollués. 

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