vendredi, août 12, 2022

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Buffalo : Quand la mode écoresponsable de Jérémy Hernandez rencontre le rap américain

Si vous aimez le Rap US, vous avez peut-être déjà aperçu les vestes upcyclées de Jérémy Hernandez. Ce créateur normand employé au sein d’Eureka Fripe a su se démarquer grâce à sa passion pour la mode, sa sensibilité et son style inimitable.
Portrait de ce personnage aussi atypique que talentueux.

Jérémy Hernandez alias @hellhellcoogi sur Instagram s’illustre depuis près d’une dizaine d’années en tant que styliste pour le compte de l’une des plus grandes enseignes mondiales de la fripe vintage. Ce sottevillais d’origine nous ouvre les portes de son univers artistique. Un cocktail étonnant et détonnant de couleurs et de matières mêlant à la fois la peinture, la mode, le hip-hop et… l’écologie.

Rouen – Buffalo : Quand la mode écoresponsable de Jérémy Hernandez rencontre le rap US

©Jonathan Pasqué / France Télévisions

Roots, Rock, Reggae

Avec un père patron d’une célèbre chaîne de magasins de musique sur Rouen et une mère passionnée de mode, le petit Jérémy grandit dans une atmosphère folklorique. A cette époque, il voit défiler chez lui bon nombre d’artistes et autres personnages au style remarquable, parfois improbable…
Ces rencontres et cette excentricité ambiante deviendront pour lui une source évidente d’inspiration qu’il retranscrit maintenant en dessin mais aussi via des patchworks colorés prêt à porter.

Portrait de Jérémy Hernandez réalisé par son papa fin des années 80.

© Markko Hernandez

« Autre couture »

En 2012, Jérémy fait son entrée aux Chiffonniers d’Eureka Fripe, leader mondial de la fripe vintage situé à Amfreville-la-Mi-Voie.
Là-bas il est chargé de trier les arrivages quotidiens. Cette activité lui permet d’être au contact de matières diverses et variées de tous styles et de toutes époques.

Vue satellite permettant de se rendre compte de l’imposante superficie qu’occupent en bord de Seine les 24.000 m2 d’entrepôts de la société Eureka Fripe à Amfreville-la-Mi-Voie.

© Google Earth

 

Quand la fripe arrive aux entrepôts, elle est conditionnée en grosse balles de 400 kg. Après triage et nettoyage, les pièces vintages sont envoyées vers les boutiques du groupe Eureka Fripe afin de commencer leur seconde vie.

Quand la fripe arrive aux entrepôts, elle est conditionnée en grosse balles de 400 kg. Après triage et nettoyage, les pièces vintages sont envoyées vers les boutiques du groupe Eureka Fripe afin de commencer leur seconde vie.

Quand la fripe arrive aux entrepôts, elle est conditionnée en grosse balles de 400 kg. Après triage et nettoyage, les pièces vintages sont envoyées vers les boutiques du groupe Eureka Fripe afin de commencer leur seconde vie.

Quand la fripe arrive aux entrepôts, elle est conditionnée en grosse balles de 400 kg. Après triage et nettoyage, les pièces vintages sont envoyées vers les boutiques du groupe Eureka Fripe afin de commencer leur seconde vie.

Quelques tonnes de tri plus tard, Jérémy a l’idée de récupérer le textile des vêtements trop endommagés qu’il voit passer et s’en sert pour fabriquer de nouvelle pièces uniques.
Son patron est séduit par le concept. Dès lors, quand il n’est pas chargé de trier les arrivages, Jérémy met sa casquette de créateur.

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Son terrain de jeu est immense. Rendez-vous compte, lorsqu’il doit dénicher de belles matières qui composeront ses futures créations, Jérémy a à sa disposition 24.000m2 d’entrepôts qu’il connaît comme sa poche où sont stockées plus de 10 millions de pièces vintages. Pour notre talentueux styliste autodidacte c’est une véritable caverne d’Alibaba qu’il sait exploiter à bon escient en transformant ces tissus d’une autre époque en créations qui surprennent et sont dans l’air du temps, l’ère de l’écologie.

Les créations upcyclées de Jérémy Hernandez

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Les créations upcyclées de Jérémy Hernandez

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Les créations upcyclées de Jérémy Hernandez

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Quand la mode devient écolo

L’industrie de la mode émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. Si ce chiffre ne vous parle pas ou peu, sachez simplement qu’il représente un impact plus important que les vols internationaux et le trafic maritime réunis. C’est énorme mais ce n’est malheureusement pas tout, il y a aussi la question de l’eau. Saviez-vous par exemple que la production d’un simple jean nécessite près de 10.000 litres d’eau ? Et bien sûr le coton de ce jean est cultivé en Inde ou en Afrique, région du globe où certaines personnes ne peuvent pas toujours étancher leur soif…
Au total, près de 5 % de l’eau potable disponible dans le monde est utilisée pour produire nos vêtements !

Quand on a ces chiffres en tête, le travail de Jérémy prend d’autant plus de sens en participant au changement d’une industrie habituellement très polluante. Armé d’une simple paire de ciseaux et d’une machine à coudre, il produit à partir de tissu d’hier les vêtements de demain sans produire le moindre gramme de CO2.

L’idée c’est de donner une seconde vie à la seconde main et d’envisager la mode sous un angle écoresponsable

Jérémy Hernandez

Cette pratique respectueuse de l’environnement est devenue au fil de cette dernière décennie une véritable tendance. C’est ce qu’on appelle l’upcycling c’est à dire, en français, le recyclage par le haut. Si ce terme  apparaît pour la première fois au milieu des années 90, les premiers à avoir naturellement utilisé ce concept sont les habitants des pays en voie de développement. Chez nous, il fait plutôt figure d’alternative éthique à la surconsommation.

Exemple d’une Baignoire upcyclée en canapé

© Canapé baignoire Heiniger

Le concept de l’upcycling peut s’appliquer à tous les domaines, la seule limite est l’imagination que l’on a ou pas. Ainsi, une baignoire peut devenir canapé, un container devenir piscine, une cabine téléphonique devenir aquarium ou encore des palettes devenir table basse.

Evidemment c’est les Verts !!!

Footballeur à ses heures perdues, Jérémy a dernièrement eu l’inspiration d’assembler des écharpes de supporters sur des sweats et des bombers.

Les vestes upcyclée de Jérémy Hernandez

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Les vestes upcyclée de Jérémy Hernandez

© Jonathan Pasqué / France Télévisions

Cette réalisation a capté l’attention d’un certain Billie Essco, rappeur et styliste américain proche de Westside Gunn (star du rap) et Virgil Abloh (styliste de Vuitton).

Lors de son dernier concert à Buffalo (nouvel épicentre du rap au Etats-Unis), Billie Essco portait sur scène la fameuse veste de Jérémy.

Le rappeur a depuis confié à notre talentueux créateur de mode normand que son œuvre aux couleurs footballistiques avait largement conquis son public et son entourage. Il a d’ailleurs demandé à Jérémy s’il pouvait lui customiser d’autres modèles du genre. C’est peut-être le début d’une belle collaboration outre-Atlantique pour notre Normand.

Je suis assez fier de ça parce que je suis fan de rap, je suis fan de foot et j’adore la mode donc ça me pousse à continuer et à kiffer la vie en général quoi

Jérémy Hernandez

Comme il le dit lui-même, Jérémy est fier et va poursuivre ce projet mais son objectif premier est tout simplement de continuer à « kiffer la vie en général » et c’est peut-être ça au fond son plus grand talent !

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