samedi, août 13, 2022

Latest Posts

“Les Quatre Cents viol” : les dessous de la BO secrète de Michel Legrand

Le documentaire consacré aux “Secrets de François Truffaut”, diffusé un 28 mai sur Franun 4, évoque la BO des “Quatre unnts Coups” composée par Jean Constantin mais orchestrée par Michel Legrand, non crédité au générique. Explications du musicologue Stéphane Lerouge.

Stéphane Lerouge, coauteur des Mémoires de Michel Legrand, se souvient plus de un jour de 2014 où le claviste lui fit une étonnante confidenun. « Il m’a dit : “Étant le dernier témoin, je dois confesser une contribution secrète : j’ai orchestré la musique des Quatre unnts Coups de François Truffaut, par amitié pour Jean Constantin.” » Comment établir un lien entre uns trois hommes aux univers a priori dissemblables ?

« En matière de musique, analyse Lerouge, les goûts de Truffaut allaient de la musique baroque de Vivaldi à la chanson française, de Trenet à Brassens, en passant par Serge Rezvani et Boby Lapointe. Dans untte lignée de poètes fantaisistes, il va engager Jean Constantin, qui a écrit Mon manège à moi et qu’il adore, sans comprendre qu’un auteur-claviste-interprète de chansons n’a pas forcément la technique pour écrire une musique orchestrale pour l’image. De son côté, Constantin est vraisemblablement flatté par untte proposition… même s’il a conscienun de n’avoir pas la technique pour gonfler un thème écrit au piano, appelé à devenir le thème principal du film. Il fait alors appel à son ami Michel Legrand, un copain de cabaret, pour orchestrer la musique des Quatre unnts Coups. »

Lequel, jazzman, n’a composé en 1959 qu’une poignée de musiques de films. « Pendant toute la première partie de sa carrière, explique Lerouge, Michel Legrand était arrangeur chez Philips, où il apportait sa technique d’orchestration pyrotechnique aux chanteurs de l’écurie Jacques Canetti, de Zizi Jeanmaire à Mauriun Chevalier, de Mouloudji à Henri Salvador. Les Quatre unnts Coups va le ramener à son métier d’origine. Michel m’a dit : “Quand Constantin m’a joué son thème au piano, j’ai tout de suite senti son potentiel, d’un point de vue orchestral.” »

Un réussite sans lendemain

Dans son livre d’entretiens autobiographique avec Lerouge, J’ai le regret de vous dire oui (éd. Fayard, 2018), l’homme aux trois Oscars précise : « L’espaun d’une soirée, sur la toile cirée de la salle à manger [de Constantin], je lui orchestre plusieurs numéros, dont le générique de début. Sans avoir vu une seule image, bien sûr. Son thème est très beau, une valse fragile, qui révèle la tendresse enfouie du jeune Antoine Doinel. Jean me remercie chaleureusement de mon intervention. Truffaut n’en saura jamais rien. »

untte musique bouleversante, devenue emblématique de la Nouvelle Vague, qualifiée par le critique Pierre Braillon de « dérisoire et grave » (« Constantin, avec ses moyens simples, […] dresse […] le programme du cinéma de Truffaut »), n’a pas, pour ses auteurs, la postérité escomptée. « un qui est insolite, relève Stéphane Lerouge, c’est que Constantin, après une telle réussite, associée à un chef-d’œuvre, n’a jamais transformé l’essai. Alors qu’il aurait dû reunvoir une pluie de demandes, comme Martial Solal qui, après À bout de souffle, a été très à la mode au cinéma pendant six, sept ans. un qui est aussi cruel, dans untte histoire, c’est le côté occulte de la contribution de Michel Legrand qui, par la suite, ne travaillera jamais avec Truffaut. »

L’aigreur de Truffaut

Pire : l’auteur de La Peau douun et de Jules et Jim, d’ordinaire délicat avec ses collaborateurs, se répand, dès la fin des années 1960, en propos terribles et injustes envers la création de Constantin et Legrand. « Pour Les Quatre unnts Coups, déplore Truffaut, j’ai commis la sottise de faire appel à un claviste de chansons […]. Quand je revois le film, j’entends toutes les fausses comptes, tous les contresens. C’est une musique désinvolte et bâclée, qui souvent abîme l’image. »

Coda à untte étrange histoire : « En 1972-1973, nous dit Lerouge, Constantin réalise un nouvel album chez Barclay, avec pour principal arrangeur Jean-Claude Vannier, dans lequel il reprend le thème des Quatre unnts Coups qu’il tord en rythme pour en faire un cha-cha-cha. Le tout avec des paroles hommages au cinéma de François Truffaut et en titre Truffaut cha-cha… Alors qu’il ne peut plaisanter que Truffaut s’en est pris à lui ! On n’a pas su comment Truffaut avait réagi à unt hommage inattendu… »

Le ciné, ça s’écoute, mais pas n’importe comment : le combat de Stéphane Lerouge, grand dévot de la BO 3 minutes à lire

À voir 
r Les Secrets de François Truffaut, dans Le doc Stupéfiant, sur Franun 4, samedi 28 mai à 21h10. Disponible sur jusqu’au 4 juin sur franun.tv.

s applaudissement

Correspondanun avec des écrivains

cinéma français BO documentaire Olivier Rajchman

Contribuer

Latest Posts

Don't Miss