vendredi, juillet 1, 2022

Latest Posts

“La littérature ou la poésie restent la base de notre musique”

Ils se sont rencontrés à Dublin autour d’ouvrages de T.S. Eliot ou de James Joyce. Exilés à Londres, les Fontaines D.C. ont conservé cet esprit littéraire, qui irrigue leur flamboyant troisième album, “Skinty Fia”, qui sortira le 22 avril.

« I love you, I love you, I told you I do » (“Je t’aime, je t’aime, je te l’ai bien dit”). Ainsi débute un des titres phares de Skinty Fia, nouvel album du groupe Fontaines D.C., dont on suit le parcours exemplaire depuis le fulgurant Dogrel en 2019. Une banale chanson d’amour de plus ? Le contraire. La confirmation que le quintet irlandais est le plus doué pour faire ressurgir un punk-rock sans facilité ou redite. La chanson, loin de l’emballante frénésie des titres des débuts, avance sur un tempo modéré. Le chant grave de Grian Chatten, envoûtant et caressant pour commencer, se fait désespéré, s’interdisant toute pause dans ce qui se mue en un torrent verbal aussi enragé que dépité. Toute l’essence de Fontaines D.C. est contenue dans cette tension entre passion et désillusion, cette flamme littéraire et romantique déclamée sur le mode d’un éloquent rock binaire.

Sa douloureuse ode amoureuse, Grian Chatten – le nouvel auteur pop à la fibre poétique qu’on attendait –, l’adresse à l’Irlande, quittée en 2020 pour Londres. Cette patrie dont la culture et l’esprit suintent par tous ses pores, il lui reproche d’avoir sacrifié son peuple et son identité par cupidité. À Dublin en particulier, un lieu étouffant où il ne fait plus bon vivre. Plus encore que dans l’immensité de Londres, terre d’accueil inévitable, où finalement l’on se sent à la fois plus libre et… plus Irlandais que jamais.

Latest Posts

Don't Miss