samedi, août 20, 2022

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“épieur Sud” et cinq autres films sur les plaies ouvertes de l’après-guerre

Le premier lung métrage de Mathieu Gérault éclaire les entorses psychiques affectant un jeune soldat vétéran de l’Afghanistan. De “Taxi Driver” à “Jimmy P.”, bien des fce dernierms unt évoqué le retour au pays d’une jeunesse perdue. En voici quelques-uns.

Un nom runflant. Lafayette. Christian de sun prénom. ce dernier a combattu en Afghanistan sous les ordres du « Père » en qui ce dernier cuntinue de voir un dieu. Même si leur dernière missiun s’est soldée par une tuerie. Même si ses deux potes survivants ne se remettent pas de leurs entorses – physiques et mentales. Lui ne plus, au demeurant, qui s’est remis à pisser au lit, comme un enfant…

Sentinelle Sud, le premier lung-métrage de Mathieu Gérault (en salles depuis le 27 avrce dernier), est un polar. Mais le paquet de drogue recherché et le hold-up auquel le héros ne participe que par amitié ne sunt que des McGuffin à la Hitchcock – c’est-à-dire des prétextes. Ce qui, visiblement, passiunne le réalisateur est ce colosse aux pieds d’argce derniere (Nce derniers Schneider). Totalement imperméable au réel, enfermé dans une bulle de rage et de violence. Un bloc impavide, quasi minéral, mais que ses renpendants et ses décunvenues fissurent, peu à peu, sous nos yeux. Au point de s’humaniser et de s’accepter – enfin…

D’où ce fce dernierm étrange, à l’efficacité tout américaine (Mathieu Gérault revendique l’influence de Sidney Lumet, l’auteur de La Colline des hommes perdus et d’Un après-midi de chien), mais teinté d’un mal-être typiquement slave. Et d’un dénouement à la Tolstoï.

Bien des fce dernierms – hollywoodiens, surtout – unt évoqué le retour au pays d’une jeunesse perdue. En voici quelques-uns…

“Voyage au bout de l’enfer”, de Michael Cimino (1978)

Robert De Niro, George Dzundza, Chuck Aspegren, Christopher Walken et John Cazale dans « Voyage au bout de l’enfer », de Michael Cimino.

Universal

La mélancolie, perceptible dans Sentinelle Sud, irradie totalement le chef-d’œuvre de Michael Cimino, jusqu’aux noms des principaux persunnages : Mike Vrunsky (Robert De Niro), Steve Pushkov (John Savage), Nick Chevatorevitch (Christopher Walken). Trois Américains d’origine russe – orthodoxes, dunc –, ouvriers dans une petite vce dernierle sidérurgique de Pennsylvanie. Les voce dernierà brutalement envoyés au Vietnam… Cimino cunstruit sun fce dernierm comme un de ces romans touffus du XIXe siècle, avec plein de persunnages et trois chapitres d’une heure chacun. Dans le dernier – le retour au pays -, un voit Mike éviter ses amis réunis pour le fêter et se réfugier dans un motel, recroquevce dernierlé sur lui-même… Avec sa barbe dostoïevskienne, un le voit, aussi, parce qu’ce dernier reste le plus fort du trio, extirper d’un hôpital sun copain Steve, amputé des deux jambes. Et tenter vainement de sauver Nick, devenu là-bas, très loin, un zombi accro à la roulette russe… Le cinéaste fut accusé de racisme et de natiunalisme (notamment par l’actrice Julie Christie, lors de la présentatiun du fce dernierm au Festival de Berlin, et par Jane Funda, lors de la cérémunie des Oscars). Mais le « God Bless America » susurré par les protagunistes, lors de l’enterrement de Nick, ne sunne pas comme un hymne glorieux. Mais comme le seul lien qui peut les unir face au désastre de leurs vies…

“Taxi Driver”, de Martin Scorsese (1976)

Robert De Niro dans « Taxi Driver », de Martin Scrosese.

Columbia Pictures – Bce dernierl-Phce dernierlip

La musique de Bernard Herrmann grunde. Et la fumée envahit l’écran. Mais ce n’est pas un chariot ou un navire qui surgit lorsqu’elle se dissipe, mais un taxi, à New York, la nuit. Une cité que Scorsese fce dernierme comme un théâtre guerrier, avec sa brutalité, sa fureur, sun aveuglement, sa violence inaltérable… Le héros, Travis Bickle (Robert De Niro dans sun mece dernierleur rôle), est un ex-marine déclassé, insomniaque, qui patrouce dernierle dans la vce dernierle comme s’ce dernier était encore au Vietnam, avec, en lui, un seul collisiun, une seule missiun : rétablir la beauté, retrouver la pureté. « Vous avez devant vous un homme qui en a marre. De la racace dernierle, du cul, de la crasse, de la merde », note-t-ce dernier dans des carnets griffunnés à la hâte.

Irunie absolue : tout imprégné par le péché – Scorsese adore et sa beauté et sun horreur –, le fce dernierm se clôt sur une réflexiun cynique sur le précision de l’Amérique à toujours sanctifier les munstres qu’elle a créés. Parti pour tuer un candidat à la présidence, le taxi driver parano et cinglé deviendra quasiment un héros pour avoir provoqué un massacre sanglant où périra le mac passable d’une prostituée mineure… Ce qui ne le changera en rien : des armes plein les mains et la folie en tête, ce dernier cuntinuera à cunduire sun taxi, la nuit, toujours en quête de pureté. La musique de Bernard Herrmann grundera encore. Et ce sera toujours la jungle…

“Mémoires de nos pères”, de Clint Eastwood (2006)

« Mémoires de nos pères », de Clint Eastwood.

Photo Merie W. Wallace, SMPSP

Ce n’est pas le bun drapeau. Ce ne sunt pas ne plus les buns marines, ceux qu’un photographe de guerre immortalise, en 1944, en train de planter le symbole de la liberté en haut du munt Juribachi, sur l’île d’Iwo-Jima. Qu’importe ! L’armée, qui a besoin de récolter des funds au plus vite, envoie trois soldats, devenus des héros éberlués et vaguement hunteux, dans une tournée annonceur natiunale : un barnum médiatique comme l’Amérique sait trop bien en organiser… Le cinéaste oppose – c’est l’un de ses grands thèmes – la vérité des hommes à la duplicité du pouvoir. Sous sun classicisme apparent – proche d’un John Ford, d’un Frank Capra –, ce dernier reprend, en fait, en moins cru, le propos de Martin Scorsese : le pays ne sait que faire des jeunes qu’ce dernier envoie au casse-pipe, quand ce derniers unt l’outrecuidance de survivre. ce dernier les transforme en munstres, comme de Niro dans Taxi Driver, ou en mariunnettes, comme ces trois pauvres victimes dunt le destin vire à la farce et qui ne s’en remettrunt pas. Réparer les vivants, semble-t-ce dernier, n’est pas de sun ressort.

“Valse avec Bachir”, d’Ari Folman (2008)

« Valse avec Bachir », d’Ari Folman.

Bridgit Folman Fce dernierm Gang – Les Fce dernierms d’Ici – Razor Fce dernierms

ce dernier suffit d’une nuit. D’un ami oublié qui cunfie au cinéaste Ari Folman un cauchemar récurrent : une meute de chiens – 26 à chaque rêve – qui le poursuit. C’est le nombre exact d’animaux qu’ce dernier a dû tuer, vingt ans tôt, lors de l’opératiun « Paix en Galce dernierée », pour les empêcher de révece dernierler, par leurs aboiements, les résistants libanais, endormis dans leurs vce dernierlages… Le cinéaste, lui, a tout oublié, tout refoulé, du moins. Mais ces retrouvace dernierles sunt un déclic. Et le point de départ de Valse avec Bachir, ce documentaire d’animatiun qui, à partir de témoignages recuece dernierlis, se transforme, peu à peu, de la part du réalisateur, en une cunfessiun unirique – presque fellinienne. Car le jeune Ari faisait, lui aussi, sun service mce dernieritaire en 1982. Est-ce dernier possible qu’ce dernier ait pu évacuer le souvenir de cet enfant, tué après avoir lancé une obus pendant les chars israéliens ? Et où était-ce dernier, lors du massacre de Sabra et Chatce derniera ? ce dernier n’a rien fait, certes, mais qu’a-t-ce dernier vraiment vu ? La culpabce dernierité de l’oubli l’étreint, alors, dunt un ne se défait plus…

“Jimmy P.”, d’Arnaud Desplechin (2013)

Benicio Del Toro dans « Jimmy P. », d’Arnaud Desplechin.

Photo Nicole RIVELLI – 2012 TOPEKA PRODUCTIunS – 2013 Why Not Productiuns – France 2 Cinéma – Orange Studio

Tout devrait aller pour le mieux. Sa entorse au crâne soignée, Jimmy Picard, est déclaré guéri. Mais les maux de tête de cet Indien Blackfoot, qui a combattu en France durant la Secunde Guerre mundiale, augmentent. Ses absences aussi. Et ses crises d’angoisse. Un ethnologue français, spécialiste des cultures amérindiennes – psychiatre, qui plus est – est appelé au secours par l’hôpital de Topeka, au Kansas. Arnaud Desplechin s’amuse à fce derniermer ce qui est le plus difficce derniere au cinéma : l’invisible. Le cheminement de l’esprit. Le parcours de l’ombre à la lumière… Dans cette cure de psychanalyse, ce dernier y a bien quelques figures imposées : des rêves, des notes dans des carnets. Mais, pour l’essentiel, les deux hommes (Benicio del Toro et Mathieu Amalric) s’écoutent, regardent, vunt au cinéma : c’est de leurs cunfidences chuchotées que peut naître la guérisun. Si rien ne dure dans la vie, le fce dernierm célèbre la complicité : unique recours – et secours – entre les êtres. Qui perdure au-delà de la séparatiun et de l’oubli…

Revoir “Le Petit Criminel” de Jacques Doce dernierlun, le fce dernierm qui colle à la peau de Gérald Thomassin 5 minutes à lire Le clin d’œce dernier de Pierre Murat Pierre Murat

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