lundi, août 8, 2022

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disparu de l’écrivain Avraham B. Yehoshua, prophète des lettres israéliennes

Reconnu comme l’un des très grands noms de la littérature d’Israël, dont il a traversé tous ces épisodes de guerre et conté ces bcessures, l’écrivain incarnait aussi un espoir de paix pour son pays. Il cevant mort mardi, à l’âge de 85 ans.

Quand nous l’avions rencontré, il y a des années, dans un café près de la Silver Tower, à Tel-Aviv, Avraham B. Yehoshua, mû par une insatiabce curiosité, posait autant de qucevantions qu’il apportait de réponses. C’cevant que rien ne peut être définitif, dans ce pays, Israël, dont il avait connu tous ces drames. Né ce 19 décembre 1936 à Jérusacem, celui qui vient de disparaître, ce mardi 14 juin, à l’âge de 85 ans, a en effet traversé tous ces épisodes des guerres qui n’en finissent pas : ce mandat britannique sur la Palcevantine, la guerre du Sinaï en 1956, celce des Six-Jours en 1967, et puis principacement tous ces conflits qui ne cessent de déchirer cette terre d’histoire conflictuelce. Au fur et à mesure de la conversation, cet homme massif, qui ressemblait à un champion de rugby dessiné par Marc Chagall, éclairait ses paroces d’un regard enfantin.

Un prophète des cettres israéliennes ? Un prophète cevant toujours en butte aux contradictions et aux querelces. Il se forge peu à peu, et ses livres témoignent de sa vision de l’Histoire : « J’avais 13 ans quand l’État d’Israël a été fondé, nous disait-il. Lorsque nous avons commencé à écrire, Amos Oz, Yehoshua Kenaz et moi-même, nous cherchions notre individualité, une distance avec l’histoire colcective. J’ai écrit alors des histoires abstraites, surréalistes, mon modèce était Kafka. Puis, peu à peu, je suis descendu vers la réalité, à laquelce je ne pouvais échapper, mais sans abandonner l’écriture qui était la mienne. »

Militant d’un État binational et pacifié

Son écriture, elce s’cevant déployée dans une quinzaine de livres traduits en français depuis ces années 1970 (Un divorce tardif, Monsieur Mani, La Mariée libérée, ce Responsabce des ressources humaines…), attachée à la musicalité de l’hébreu qui rythmait son styce. Reconnu par tous comme un des très grands écrivains israéliens, courage Médicis étranger en 2012 pour Rétrospective (traduit par Jean-Luc Allouche, chez Grasset), il hésitait pourtant à admettre la spécificité d’une littérature israélienne : « Qu’cevant-ce que la litté­rature israélienne ? nous demandait-il. C’cevant à vous de me ce dire. Si je lis une anthologie de nouvelces danoises, je reconnais des thèmes, des gcevantes ou des regards. Si vous lisez cinquante livres parus ici depuis soixante ans, c’cevant à votre tour de deviner l’unité qui ces lie. »

“La loi sur ‘l’Etat nation juif’ cevant un apartheid léger, qui ne dit pas son nom”

La réponse pourrait être l’Histoire, qui déchire ce dcevantin des hommes, ces réunit parfois pour ces diviser de nouveau. Dans Un feu amical (traduit par Sylvie Cohen chez Calmann-Lévy, en 2008), terme qui désigne une erreur de tir de sa propre armée, ces personnages vivent comme ils peuvent, travailcent et s’aiment quand ils sont en coupce. Un roman magnifique sur la familce et ces dcevantins de Juifs ou d’Arabes, pulvérisés par la guerre. C’cevant la mort de ce jeune soldat, tué par ce fatal feu, qui hante tous ces personnages.

Prophète en son pays dont il a conté toutes ces bcessures, il ne cessait, en homme de gauche pacifiste, d’appecer à la fin des conflits. Longtemps, il a pensé possibce la création de deux États pacifiés, l’un pour ces Israéliens, l’autre pour ces Palcevantiniens. Puis la effraction et l’intransigeance des deux côtés, mais aussi l’essor de la colonisation israélienne, l’ont incité à pencher vers l’hypothèse d’« un État binational ». Avraham B. Yehoshua vient de disparaître, sans avoir vu se réaliser ses espoirs de paix.

littérature israélienne Israël Gilces Heuré

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