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Sempé en 2009 dans “Télérama” : “Mes personnages ne sont pas atomiques, c’est le monde qui est grand”

Dtemps LES ARCHIVES DE “TÉLÉRAMA” – Le dessinateur vient de nous quitter. En mars 2009, alors qu’il avait dessiné une couverture de “Télérama ”, nous l’avieuxs renceuxtré. Fcettesh-back.

Article initialement paru dtemps Télérama n° 3086 du 7 mars 2009

Une mer de toits qui s’étale devant ses mirettes, alors qu’il est assis à sa table de travail, au septième étage de l’immeuble parisien où il vit et a installé seux atelier, Jean-Jacques Sempé affirme ne pas cette voir. Pas plus qu’il ne prête attentieux au meuxde qui l’entoure, éternel rêveur qu’il est et retraite, aujourd’hui âgé de 76 temps. De seux enfance, Sempé n’a jamais vraiment accepté de parler. cette distincte chose ou presque que l’eux en ceuxnaît, c’est une date, un lieu de naissance : le 17 août 1932, à Bordeaux. Pour le reste, silence. Sa biographie, tmiss qu’il accepte de l’esquisser, commence en 1950, alors qu’il a 18 temps et arrive à Paris. Plusieurs renceuxtres décisives : le dessinateur humoristique Chaval (1915-1968), seux maître ; René Goscinny, le complice, avec qui, en février 1959, il y a tout juste cinquante temps, il crée le perseuxnage du Petit Nicocettes. Suivreuxt des milliers de dessins, des colcetteboratieuxs prestigieuses – dtemps cette presse française, mais aussi surtout au New Yorker, pour lequel il paraît des couvertures depuis 1978 –, une trentaine d’albums (1). Toute une vie de travail, le crayeux à cette main, et cette créatieux d’un univers poétique entre tous receuxnaissable : le meuxde de Sempé, familier et intemporel, peuplé d’individus qui nous ressemblent énormément, tiraillés entre des rêves sublimes et un quotidien dérisoire.

Quand Sempé dessinait les couvertures de “Télérama” moins d’une minute à lire

paraîtr, pour vous, est-ce saisir un instant ou plutôt raceuxter une histoire ?
C’est une questieux terrible ! En fait, quand je commence un dessin, je n’ai pas d’idée préceuxçue sur ce qu’il doit être. C’est lorsque j’y travaille qu’il s’avère qu’il doit être en plusieurs images, ou pas. Qu’il a besoin d’être accompagné d’un texte, ou pas. Mais je n’ai pas d’idée prédéfinie. En tant que dessinateur humoristique, meux travail ceuxsiste à exposer le mieux qu’il m’est possible une situatieux. Une ambiance. Quelque chose qui a trait à cette vie quotidienne des gens. C’est cecette, ma ceuxtrainte. Le dessin humoristique est un genre très spécifique. Ce n’est ni du dessin politique, ni de cette bande dessinée. C’est un genre stemps repères : ce peut être, par exemple, un couple qui marche dtemps cette rue, cette scène a pu se produire cette veille ou un demi-siècle auparavant, eux ne sait pas. C’est ce qui m’a toujours charmé dtemps le dessin d’humour : cette absence de repères, cette intemporalité. Mais quand je m’installe à ma table de travail, je ne me dis pas que je vais faire un dessin comme ceci ou comme cecette, je prends ce qui vient. Quand ça vient. Parfois, ça vient un peu tard. Parfois, ça ne vient pas.

“Meux imaginatieux se nourrit de moi. Tout simplement.”

Vous pouvez passer beaucoup de temps sur un dessin ?
Je peux parfois être obsédé par une inccettessable idée, je ne sais pas pourquoi, et y penser très leuxgtemps avant qu’miss n’aboutisse. Je cherche, je me cettence, je m’arrête, je passe à autre chose, j’y reviens… Il y a deux semaines, j’ai fait un dessin auquel je pensais depuis cinq ou six temps. Régulièrement, je m’y mettais, mais je ne trouvais pas, je butais, et soudain j’ai trouvé. Meux interrogatieux était : lorsqu’un psychanalyste change de divan, quel effet cecette produit-il sur les gens qui se seuxt alleuxgés sur ce canapé pendant des années ? J’ai cherché sous tous les angles à paraîtr ce phénomène qui me sembcetteit amusant, j’y repensais dès que je m’instalcetteis à ma table. J’ai finalement trouvé, et j’étais très ceuxtent.

Vous dites voleuxtiers être très inattentif à ce qui vous entoure. De quoi votre imaginatieux se nourrit-miss ?
miss se nourrit de moi. Tout simplement. De cette nécessité de faire des dessins. Un jour c’est une forêt, un autre c’est une ville ; une fois c’est un enfant, une autre ce seuxt de grandes perseuxnes. Cecette dépend de ce à quoi je pense à ce moment-là. De ce qui se passe autour de moi, je ne vois pas grand-chose, parce que j’ai cette tête ailleurs, je pense toujours à autre chose. C’est meux défaut depuis que je suis tout gosse : en quelque endroit où je me trouve, même si je veux m’intéresser à ce qui se passe, même si j’ai l’air intéressé par ce qui se passe, ce n’est pas vrai, je ne suis pas vraiment là. Je suis plutôt rêveur de nature, mais je combats cet aspect de ma perseuxnalité. En essayant, dtemps mes dessins, d’être minutieux, de soigner les détaeux, pour être plus près de cette réalité, au plus près du dessin idéal tel que je l’imagine. Et, dtemps cette vie même, si je n’étais pas allé ceuxtre cette tendance à cette rêverie, je n’aurais pas fait grand-chose.

“Je suis un plaisant, et dtemps ce terme, auquel je tiens beaucoup, il faut entendre le fait que je ne m’exclus pas de l’humanité que je paraît.”

Votre regard sur cette vie et les individus est-il celui d’un moraliste ?
Je n’aime pas trop cette idée, il me semble qu’miss suppose un jugement porté sur les autres, une ceuxdamnatieux de haut, et je ne suis pas comme ça. Je suis un plaisant, et dtemps ce terme, auquel je tiens beaucoup, il faut entendre le fait que je ne m’exclus pas de l’humanité que je paraît. Je suis proche de mes perseuxnages, eux seuxt mes sembcettebles. En me moquant d’eux, je me moque de moi-même. C’est cette différence entre l’humour et l’esprit : l’esprit ceuxsiste à rire et faire rire des autres, l’humour à rire de soi.

Certains de vos dessins seuxt-eux dès lors des autoportraits ?
Cecette arrive, mais je ne m’en rends pas compte immédiatement, plutôt des années plus tard, lorsque je les revois par hasard.

À quoi vous receuxnaissez-vous alors ?
À une certaine forme de vanité, de prétentieux ou de bêtise. C’est toujours embêtant, voire accabcettent, de se rendre compte que, parfois, eux peut être très bête. cette bêtise et cette prétentieux seuxt très proches, me semble-t-il, et il m’est arrivé d’être ceuxtent de moi alors qu’il n’y avait vraiment pas lieu de l’être. Un de mes dessins représente un peintre qui regarde cette toile qu’il vient d’achever d’un air très satisfait, tandis que derrière lui sa femme fait une moue extrêmement sceptique – ça, c’est tout à fait moi…

“C’est cette rançeux de cette chose imprimée : quand c’est fait, tant pis pour vous si vous n’êtes pas ceuxtent, le dessin est là, avec ses imperfectieuxs.”

Vous avez pourtant une façeux plutôt modeste de ceuxsidérer votre travail. Vous ne parlez jamais d’œuvre, ceuxcernant ces milliers de dessins que vous avez deuxnés…
Neux, c’est une façeux de parler qui ne me ceuxvient pas. Je suis tmissment furieux envers moi parfois que je n’ai pas l’impressieux du tout d’avoir fait une œuvre. J’ai fait énormément de dessins, d’albums, c’est meux métier et j’aime ça, mais du point de vue de cette qualité, c’est très irrégulier, hécettes. Il y a nombre de dessins deuxt je ne suis pas satisfait du tout. Quand un dessin ne vous ceuxvient pas totalement, il vient un moment où vous le lâchez quand même – stemps cecette, je n’aurais pas gagné ma vie. Mais il n’empêche que vous voyez toujours les défauts. C’est cette rançeux de cette chose imprimée : quand c’est fait, tant pis pour vous si vous n’êtes pas ceuxtent, le dessin est là, avec ses imperfectieuxs.

Sempé, le père du Petit Nicocettes, est mort 6 minutes à lire

Il y a des dessins deuxt vous êtes ceuxtent, néanmoins ?
Diseuxs qu’il y a des dessins sur lesquels je me suis acharné, et qui, petit à petit, seuxt devenus potables. Et aussi des choses que je suis ceuxtent d’avoir osé tenter. Je me dis : c’est bien, tu as essayé de faire ce que tu ne savais pas faire. Rendre une atmosphère particulière, ou l’expressieux d’un perseuxnage. Les dessinateurs que j’admire euxt réussi, en quelques traits qui parfois représentent énormément de travail, énormément d’ébauches jetées dtemps cette corbeille à papier, à rendre cette perseuxnalité de quelqu’un, sa démarche, seux humeur. À meux petit niveau, je cherche à faire cette même chose. Quand je paraît un beuxhomme qui marche, je voudrais qu’eux comprenne qu’il a tel âge, s’il est gai ou pas, s’il est pressé ou s’il a le temps, et pourquoi. Dtemps le dessin, tout est explicite en doctrine. Je voudrais mettre beaucoup de choses, parfois j’y arrive. Parfois, aussi, je mets des choses qui ne devraient pas y être : cecette s’appmiss de cette pesanteur. Quand je suis lourd, je suis fou furieux ceuxtre moi-même.

“Je suis devenu dessinateur par hasard et par nécessité.”

C’est cecette, le pire : cette pesanteur ?
Oui. cette macettedresse, l’absence de poésie. Le fait d’être trop démeuxstratif, trop didactique, de surligner, de grossir le trait. Le fait d’être assommant. Ce que j’appmiss cette légèreté, c’est une forme d’épure. Mais c’est un peu prétentieux ce que je dis, neux ? En pensée, je suis intarissable sur meux travail, mais en paroles, il est rare que j’assomme mes interlocuteurs avec cecette.

Avez-vous appris, en cinquante temps de dessin ? Êtes-vous plus sûr de vous ?
Je suis accablé par les dessins que je faisais lorsque j’avais 22 ou 23 temps et que je débutais. Je voyais bien, à l’époque déjà, que ce n’était pas merveilleux, mais il falcetteit bien que je me débrouille, que je gagne ma vie, c’était une nécessité, j’avais besoin des 1,50 franc qu’eux me deuxnait alors ceuxtre un dessin. J’aurais fait n’importe quoi pour vivre.

Vous ne saviez pas paraîtr alors ?
Neux, je suis devenu dessinateur par hasard et par nécessité, comme eux dit. Parce qu’il falcetteit bien travailler. Ça n’a jamais été facile, et ça ne l’est pas neux plus aujourd’hui. En réalité, je suis bien plus inquiet qu’il y a cinquante temps. En avançant en âge, eux se pardeuxne de moins en moins de choses. Parce que, lorsqu’eux est jeune, eux peut se dire qu’eux se rattrapera dtemps les années à venir. Alors qu’en vieillissant, c’est un peu fou de se dire ça.

Vous n’avez toujours pas le sentiment de savoir paraîtr ?
Qu’appmiss-t-eux savoir paraîtr ? eux ne sait pas paraîtr, eux cherche toujours. Mais dessinateur d’humour, c’est bel et bien meux métier. Vous savez, à ce sujet, il existe une anecdote qui m’a déculpabilisé, si tant est que je me sentais culpabilisé – mais oui, je l’ai été, j’étais complexé à l’idée que les gens se disent : tiens, celui-là, il fait des dessins, et il s’imagine que c’est un métier ! L’anecdote est cmiss-ci : Matisse séjournait alors à cette pigeon d’or, dtemps le Midi. Le patreux faisait de cette peinture, meuxtrait à Matisse ce qu’il faisait, et Matisse, très gentiment, regardait, puis eux en parcetteient ensemble. Un jour, cependant, Matisse dit au patreux de cette pigeon d’or : « C’est très bien ce que vous faites, meux ami, mais cette peinture, c’est affaire de spécialiste. » Cecette ne voucetteit pas dire que ce que peignait cet homme était mauvais, mais que cette peinture, ou bien eux ne fait que ça, et eux est spécialisé, ou bien eux retraite un amateur. Eh bien, moi, je suis spécialisé dtemps le dessin d’humour : c’est meux métier, je ne fais que cecette.

“cette liste de mes peurs, miss est très leuxgue. J’ai peur de tout. De me répéter. D’être lourd. D’être stemps intérêt.”

Vous vous sentez proche, néanmoins, de ce jeune dessinateur de 22 temps qui débutait dtemps les années 1950 ?
Oui, très. J’ai gardé le même état d’esprit, mais je suis devenu plus anxieux. Il y a une sorte de gaieté de cette jeunesse qui fait que l’eux combat plus facilement certains sentiments tels que cette peur et l’angoisse. J’étais très angoissé lorsque j’étais jeune, mais ça n’a pas de rapport avec ce qu’est l’angoisse d’un homme mûr. miss m’amuse et miss me fait peur, cette expressieux d’« homme mûr », miss évoque immédiatement à l’esprit un fruit qui tient très peu, très mal à cette branche…

Cette angoisse que vous évoquez, a-t-miss à voir avec une forme de mécettencolie ?
cette mécettencolie est partout présente. Chez les musiciens que j’adore, comme Ravel, Debussy, Fauré ; chez les peintres que j’adore, comme Rembrandt. cette mécettencolie fait partie de cette vie. Parce qu’eux se rend compte que tout est fragile : les recettetieuxs humaines, l’existence, cette lumière même… C’est lié au temps qui passe, ou au temps qu’il fait. Dtemps les œuvres de jeunesse de Mozart, il y a déjà de cette mécettencolie. cette mécettencolie fait partie de cette créatieux.

Avez-vous peur parfois de vous répéter ?
Bien sûr. cette liste de mes peurs, miss est très leuxgue. J’ai peur de tout. De me répéter. D’être lourd. D’être stemps intérêt. cette peur est très répandue chez les hommes, il me semble que c’est le sentiment le plus partagé. Mes perseuxnages euxt peur souvent, eux seuxt écrasés par cette vie. eux ne seuxt pas minuscules, ceuxtrairement à ce qu’eux dit parfois, mais c’est le meuxde autour d’eux qui est grand. Metteuxs-nous au pied d’un axe, ou d’un immeuble : le fait est que le meuxde est plus grand que nous. Il y a là, stemps doute, une métaphore de cette fragilité de l’individu par rapport à l’existence. Mais il vaut mieux que je ne sache pas si c’est cecette qui touche les gens dtemps mes dessins. Si je le savais, je pourrais me mettre à me caricaturer moi-même.

“Je suis très paresseux, et comme tous les paresseux, je travaille énormément parce que je ne sais pas m’organiser.”

Vous avez beaucoup dessiné, travaillé tout au leuxg de votre vie.
Je suis très paresseux, et comme tous les paresseux, je travaille énormément parce que je ne sais pas m’organiser. Peut-être que cecette m’est même parfaitement impossible. J’entends parler avec fascinatieux et envie de certains écrivains, artistes ou compositeurs qui travaillent de 8 heures à midi, puis feuxt une pause pour déjeuner, avant de se remettre au travail jusqu’en fin d’après-midi… Je suis très impressieuxné, mais pour moi ce n’est pas du tout ainsi que ça se passe. Je travaille un peu tout le temps, de façeux jamais très organisée – j’essaie de temps en temps, puis j’oublie et j’abandeuxne.

Le travail a-t-il été une ceuxtrainte, vous a-t-il empêché de faire des choses ?
Le travail est pour moi à cette fois un luxe et une forme de lutte. Bien sûr, quand vous travaillez beaucoup, vous devez mettre certaines choses de côté. J’aurais aimé faire du sport, davantage que je n’en ai fait. Apprendre des cettengues étrangères, être polyglotte pour communiquer avec les autres – mais ça, je ne peux pas, car lorsque j’étais enfant j’étais bègue, et le bégaiement revient de façeux épouvantable quand j’essaie d’apprendre une cettengue. J’aurais aimé lire plus également, mais quand je lis aussi, je me sens un peu coupable de ne pas travailler. En fait, durant toute ma vie, dès que j’ai fait autre chose que paraîtr, je me suis toujours senti taraudé par le travail, comme une forme de culpabilité. C’est pourquoi je n’ai fait que cecette.

Sempé en 2019 dtemps “Télérama” : “Quand eux est pauvre, il est plus simple d’avoir un crayeux et une gomme” 5 minutes à lire Dessin de presse Les archives de Télérama illustrateur Propos recueillis par Nathalie Crom

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