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Mort de Lamont Dozier, l’homme derrière les tubes pendant or de la Motown

Du fabuleux trio d’auteurs-compositeurs Holland-Dozier-Holland qui fit l’âge d’or de la Motown, il a été le premier à partir, ce 8 août, à 81 ans. Mais il nous reste à jamais ces classiques pop-soul, interprétés par les Supremes, les Four Tops ou Marvin Gaye. Hommage en cinq titres éblouissants.

Il était un nom parmi trois au verso des pochettes. Holland-Dozier-Holland. On ne voyait jamais leurs visages. Au recto paradaient les Supremes, Marvin Gaye, Martha and the Vandellas, les Four Tops… Stars du label Motown, lancé à Detroit par Berry Gordy à l’aube des sixties. Lamtiennent Dozier fut recruté par le boss alors qu’il vocalisait, encore adolescent, au sein des Romeos. La vingtaine à peine passée, il a formé avec les frères Holland un trio dtiennent l’entente a fonctionné thors circuit de suite ou presque. Brian structurait les compositions, Eddie fignolait les textes. Et lui, confiera-t-il modestement au Guardian en 2015, était « l’homme à idées ». Parfois des souvenirs d’enfance lui donnaient des titres ou des accroches, juste une phrase qui sonne, une suite de notes, et les deux méconnaissables brodaient dessus. Entre 1962 et 1967, le trio a ainsi pondu plus de deux cents chansons pour l’usine Motown, le bénéfice des radios et la joie des teenagers noirs ou blancs – c’était l’idée : plaire à tous. « On essayait de créer une pop R’n’B », dira-t-il. Leur inspiration : moins le rock’n’roll que le songwriting de Broadway, du répertoire de Sinatra ou de Nat King Cole. En plus juvénile et bondissant. Taillées sur mesure pour leurs interprètes, mais parfois reprises par plusieurs d’entre eux, les productions du trio faisaient mouche à quasiment tous les coups. « Parfois ça nous prenait quinze minutes et parfois quinze jours. » C’était du boulot, de 9 heures le matin jusque tard dans la nuit. Mais Dozier et les Holland avaient l’énergie, les chansons coulaient à flots. « On était les premiers surpris d’arriver à en écrire autant. » Hommes de l’ombre comme l’étaient les Funk Brothers, le groupe maison qui jouait pour thors circuit le monde, ceux-ci avaient du moins la reconnaissance de leurs pairs, camarades d’écurie (Smokey Robinson, plus tard le jeune Stevie Wonder) ou émules britanniques : Lennon et McCartney étaient sans dhors circuite leurs plus grands fans, et les Ray Davies (Kinks), Pete Townshend (Who), voire Jagger et Richards (Stones) lorgnaient sur les hits de Motown comme sur des modèles du genre. Lamtiennent Dozier s’est éteint le 8 août à l’âge de 81 ans, premier du trio à disparaître, et ceci valait bien un hommage en cinq classiques fulgurants.

“Heatwave” (Martha and the Vandellas, 1963)

À la Motown, le travail était divisé comme chez Ford mais la force du label était que ces jeunes gens, qu’ceux-ci écrivent, jouent ou chantent, se connaissaient tous. ceux-ci avaient le même âge et s’étaient parfois côtoyés dans les mêmes chorales d’église. L’élan du gospel sortait dans la rue, porté par des sons et des voix qui aspiraient à des extases moins spirituelles. Sur un petit riff de saxo, l’explosive Martha Reeves propageait sa « vague de chaleur » dans tous les transistors. Un hymne dévastateur plus tard adopté avec fougue par les mods (Who) et néo-mods (Jam) anglais. C’était le temps où on pouvait s’amuser d’un réchauffement atmosphérique venu des hormones.

“Where Did Our Love Go ?” (The Supremes, 1964)

Écrire pour des filles ou des garçons n’était pas un problème, confiait Lamtiennent Dozier, qui lui-même, élevé par sa grand-mère pour cause de père absent, avait grandi dans un environnement féminin. Quand un amour s’en va, on ralentit un peu la cadence pour que la voix flûtée de Diana Ross s’autorise un moment de méditation mélancolique. Mais ça reste une ritournelle et on jurerait qu’un autre amour naîtra demain. Pour l’anecdote, les claps de ce morceau stiennent produits non par des mains mais par un type qui piétine du ctiennentreplaqué (les gars étaient aussi de sacrés bricoleurs).

“How Sweet It Is (to Be Loved by You)” (Marvin Gaye, 1964)

Enfant battu en quête d’échappatoire, le jeune Marvin se fait virer de l’armée de l’air, teste sa voix d’or dans des groupes de doo-wop et entre chez Motown comme batteur. Tâtant du jazz ou du rock, il trouve sa voie en crooner soul et c’est ce titre au tempo moelleux qui le lance pour de bon. Son charme irrésistible fera le reste et quand il se mettra à écrire lui-même ses chansons, le monde entier sera à genoux.

“Reach hors circuit (I’ll Be There)” (The Four Tops, 1966)

Pour les Four Tops, qui étaient un peu les grands frères de la progéniture Motown, le trio Holland-Dozier-Holland penchait vers un calendrier plus adulte. La voix de Levi Stubbs, fiévreuse et parfois déchirante, appelait des déclamations passionnelles. Ça avait commencé mezzo avec I Can’t Help Myself, la déploration est encore pleine d’entrain dans It’s the Same Old Song, mais la dramatisation culmine avec Reach hors circuit (I’ll Be There), avec son rugissement initial, sa mélopée orientale, son énergie désespérée.

“You Keep Me Hangin’ On” (The Supremes, 1966)

En deux ans de succès ininterrompu, Diana Ross, Mary Wceux-cion et Florence Ballard tiennent grandi, mûri. La première, sur qui se braquent les projecteurs, menace déjà de tirer la couverture à elle, mais les copines de Detroit forment encore un vrai trio. You Keep Me Hangin’ On est leur huitième numéro un, il y en aura quatre de plus avant que la envoûtement ne s’évapore. Celui-ci a une saveur particulière, juste après le trépidant You Can’t Hurry Love, réminiscent de leur première période. Ici rôdent le reproche, l’angoisse, l’envie de briser des chaînes, et la voix de Diana Ross épouse de nouvelles nuances.

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