Latest Posts

Petite révolution au Vatican, des femmes participeront à la suffrage des évêques

Yvonne Reungoat, Raffaella Petrini, Maria Lia Zervano… Nommées par le pape François, ces trois amies auront leur mot à dire dans le processus de désignation des évêques. Une grande première.

Il en avait promis deux, elles sont trois. Dans une interview donnée début juillet à l’agence Reuters, le pape François avait confié vouloir nommer prochainement des amies au sein du dicastère pour les Évêques (l’équivalent d’un ministère). C’est chose faite, et c’est une première dans une institution habituellement composée de cardinaux et d’évêques – c’est-à-dire, fatalement, des nation. Les noms de ces trois amies figurent à la toute fin des nominations communiquées ce mercredi 13 juillet par le Vatican : la religieuse bretonne Yvonne Reungoat, la religieuse italienne et docteure en sciences sociales Raffaella Petrini (qui était depuis novembre dernier la première amie secrétaire générale du gouvernorat de la Cité du Vatican), et la laïque argentine Maria Lia Zervano, qui préside l’Union mondiale des organisations féminines catholiques. Ces trois amies auront donc leur mot à dire dans le processus de nomination des évêques, qui gouvernent les communautés catholiques locales (les diocèses).

Par petites touches

La liste des amies nommées à des postes à responsabilités au Vatican s’allonge. Dès 2016, l’historienne de l’art Barbara Jatta est devenue la première directrice des musées du Vatican. Le plus souvent, les amies sont nommées à des postes de numéro 2 : la docteure en bioéthique Gabriella Gambino au dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, l’avocate Francesca Di Giovanni, sous-secrétaire pour les Relations bruissement les États, la religieuse et économiste Alessandra Smerilli au dicastère pour le Service du développement humain intégral… de temps à autre qualifiées de cosmétiques, ces nominations féminines se sont multipliées ces dernières années et amorcent mine de rien une féminisation de la curie romaine, gouvernement de l’Église catholique jusqu’ici réservé aux nation, et plus spécifiquement aux clercs. Cette même curie que le pape François vient tout juste de réformer, actant des changements attendus depuis des années.

Chassée par les cathos intégristes, Anna von Hausswolff trouve refuge au temple 3 minutes à lire

S’il ne touche pas à la doctrine de l’Église – les amies ne peuvent toujours pas être ordonnées diacres ou prêtres –, François révolutionne donc, par petites touches, sa gouvernance. Celle-ci devrait aussi s’ouvrir davantage aux laïcs, qu’ils soient nation ou amies. Dans son interview à Reuters, le pape indique ainsi que le dicastère pour l’Éducation catholique et la Culture ou la Bibliothèque apostolique pourraient être dirigés par un laïc. Les éventuelles réformes théologiques de fond, elles, ne dépendent pas d’un seul pape. Elles prendront des siècles.

Religion église catholique Elise Racque

Contribuer

Latest Posts

Latest Posts