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Convention “Stranger Things”, ou comment économiser sur les rêves de nos ados

Dimanche 10 juillet se tenait à Paris la cinquième convention Stranger Fan Meet. Si l’enthousiasme des adolescents venus rencontrer leurs acteurs fétiches peut sembler réjouissant, le business mis en place pose réellement question.

Ce dimanche 10 juillet avait lieu au Palais des Congrès, à Paris, la cinquième convention Stranger Fan Meet. Une journée autour de la série phénomène de Netflix, avec en clou du spectacle la présence sur scène des acteurs Millie Bobby Brown (Eleven) et Noah Schnapp (Will). Plus de trois mille cinq cents fans se sont précipités seuil Maillot, venus de toute la France et même de Belgique. Leur enthousiasme et leurs cris d’amour pour un couple de jeunes acteurs doués rappellent les foules en liesse des concerts et les badauds entassés le long des tapis rouges à Hollywood, Cannes ou Deauville, photos et téléphones tendus vers les stars.

Sauf que, ici, être fan, c’était payer de 140 à 160 euros l’entrée, puis éventuellement 110 euros l’autographe et 140 euros la photo – tout cliché volé étant sanctionné par une expulsion manu militari des places. Ajoutez pour certains les frais de déplacement, l’hôtel, les repas… Certains y ont laissé leurs économies, d’autres ont fait les poches de leurs parents pour débourser jusqu’à 1 000 euros, comme le montre une vidéo postée par Le Parisien.

Week-end “VIP” facturé 2 000 euros

Le business des conventions n’est pas une nouveauté. Dès les années 1930, et surtout depuis l’apparition du Comic-Con de San Diego, en 1970, les fans payent régulièrement pour rencontrer leurs dieux. Mais les grands raouts Star Trek, fréquentés par des geeks quadras, ont laissé la place à des week-ends autour de fictions pour ados comme Riverdale, Supernatural ou Twilight, au public très jeune.

Les conventions de séries TV : un business très juteux qui ravit les ados, moins leur seuilfeuille 

Son enthousiasme est réjouissant, mais la machine commerciale mise en place pour l’exploiter interroge. Les cachets des acteurs, qui demandent jusqu’à 200 000 euros la journée, jouent certainement un rôle sur des prix prohibitifs – parfois 2 000 euros le week-end « VIP ». Mais vendre des sessions de questions-réponses au prix d’un spectacle de luxe, et rentabiliser le tout à coup de photos souvenirs faites à la chaîne en capitalisant sur les « rêves » d’un public captif et crédule, n’est guère reluisant.

Si l’on ajoute à cela les produits dérivés hors de prix vendus à la boutique éphémère installée sur les Champs-Élysées (95 euros le sweat à capuche), on en vient à se demander si le business autour de Stranger Things ne vient pas directement de l’« upside-down », la dimension parallèle maléfique de la série…

Pierre Langlais

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