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pourquoi son impact sur les hospitalisations varie selon les pays

INTERVIEW

Au Royaume-Uni, en Israël ou encore au Portugal, le variant delta du coronavirus frappe de plein fouet la population. Les habitants ont beau être vaccinés, le virus se propage et fait, parfois, des dégâts considérables, mais pas toujours. La vaccination protège tout de même ces territoires soumis à la quatrième vague. Mais comment expliquer cette différence entre les pays ? La virologue Marie-Paule Kieny nous éclaire sur cette question, lundi matin sur Europe 1.

Au Royaume-Uni, le variant Delta fait des ravages : les décès ont augmenté de 45% la semaine dernière quand le niveau d’hospitalisation est revenu au niveau de celui de la fin du mois de mars. Mais si ce variant du Covid-19 préoccupe nos voisins d’Outre-Manche, c’est beaucoup moins le cas en Israël où la reprise épidémique n’a pas vraiment d’incidence sur les hospitalisations.

La stratégie vaccinale au cœur de cette quatrième vague

Comment expliquer cette différence ? Pour Marie-Paule Kieny, la réponse se trouve dans la stratégie vaccinale des deux nations. « Israël, comme la France, a choisi de donner les deux doses des vaccins Pfizer, Moderna ou AstraZenaca comme les fabricants le recommandait soit avec un espace de 3 ou 4 semaines alors qu’en Grande-Bretagne, la stratégie a été de donner une première dose au plus grand nombre possible de personnes », détaille la virologue. Résultat : beaucoup de britanniques n’ont qu’une seule dose de vaccin, et donc ne sont protégés qu’à 30% maximum contre le variant Delta.

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En France, le variant Delta inquiète de plus en plus car la couverture vaccinale n’est pas très élevée. Ce week-end, 52% de la population avaient reçu au moins une dose et 35% les deux. « La protection avec tous les vaccins qui sont autorisés en France est un bon niveau de protection, y compris contre le variant Delta », assure Marie-Paule Kieny. Avant d’ajouter : « vous avez franchi le pas pour faire une première dose, allez faire cette deuxième dose ! », en saluant les dispositifs de vaccination sur les lieux de vacances.

Les personnes âgées doivent « faire un effort pour la société »

Et même si le pays semble avoir choisi la bonne stratégie vaccinale, à l’image de ce qu’il se passe en Israël, la France n’a peut-être pas assez vacciné les personnes âgées. En Espagne, par exemple, la flambée épidémique due au variant reste modérée dans les hôpitaux. Justement car la population âgée est largement protégée : 100% des plus de 80 ans ont eu leurs deux injections et 90% des plus de 70 ans. Pour la virologue, « ça fait une différence. C’est pour ça qu’il faudrait vraiment aussi convaincre les personnes les plus âgées qui sont à risque qu’elles doivent aussi faire un effort pour la société ».

Mais la virologue ne conteste pas pour autant l’ouverture rapide de la vaccination au moins de 40 ans en France. « Il était important aussi de profiter de l’engouement des Français pour la vaccination », affirme Marie-Paule Kieny. « Quand le vaccin commençait à être disponible en quantité plus importante, c’était important d’ouvrir aux personnes de moins de 50 ans, puis à tous les jeunes parce qu’on aurait risqué d’être encore plus en retard qu’on ne l’est aujourd’hui », conclut-elle.

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