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Politique | Pourquoi Macron pourrait revenir à la réforme des retraites

Emmanuel Macron envisage de remettre en chantier avant 2022 la réforme des retraites, promesse de campagne en 2017

Par La Provence (avec AFP)

Malgré les mouvements sociaux de 2019-2020, malgré le Covid-19, malgré la crise économique, Emmanuel Macron envisage de remettre en chantier avant 2022 la réforme des retraites, promesse de campagne en 2017 considérée par la macronie comme la « mère des réformes ».

Un oui de principe

« La question n’est pas si, mais quand », a récemment déclaré le chef de l’Etat en Conseil des ministres. Depuis plusieurs semaines, il prépare l’opinion. Début juin, dans le Lot, il a prévenu qu’il devrait prendre « des décisions difficiles » cet été pour que la dernière année du quinquennat soit « utile ». « Une réforme des retraites est indispensable », a-t-il répété lundi devant des grands patrons.

Pourquoi ?

Argument économique : le système est déficitaire, avec un besoin de financement de 7 à 10 milliards d’euros par an. Argument systémique: il faut que les Français travaillent « progressivement plus longtemps », a répété l’ancien Premier ministre Edouard Philippe. Argument politique : si Emmanuel Macron parvenait à faire voter une réforme des retraites avant l’élection présidentielle de 2022, « il mettrait dans la nasse une partie de la droite qui a souhaité cette réforme » et « on pourra dire qu’il aura pris son risque », ajoute un cadre de la macronie.

Quelle réforme ?

Avant 2020, Emmanuel Macron prônait une refonte totale, avec un passage à un système à points, et s’opposait au simple relèvement de l’âge de départ. Cette fois, c’est plutôt le contraire. Une hausse de l’âge de départ, préconisée haut et fort par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, est envisagée, possiblement à 64 ans, selon un conseiller de l’exécutif. Pour la rendre acceptable, elle pourrait être accompagnée d’un coup de pouce aux petites retraites, aux personnes ayant eu une carrière hachée, notamment les femmes, ou ayant commencé à travailler très jeunes. La suppression des régimes spéciaux, mesure qui selon l’exécutif fait consensus dans l’opinion, reste au programme.

Le système à points, pourtant promesse de campagne, semble lui enterré. « Il était tellement juste que les grands gagnants n’y comprenaient rien et les grands perdants étaient déjà dans la rue », résume amèrement un proche du président.

Avant 2022 ?

Si à l’Eysée on indique que rien n’est tranché, de plus en plus de voix dans la majorité prennent position en faveur d’une action dès cette année. « Je crois que le président souhaite engager le pays dès maintenant dans l’après Covid », glisse un conseiller.

Quelles annonces ?

Le chef de l’Etat compte s’exprimer d’ici le 14 juillet, selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Mais ce dernier a aussi averti que toute réforme des retraites dépendrait de la situation épidémique, menacée par le variant Delta. Le chef de l’Etat pourrait donc choisir d’annoncer en juillet le principe et le cap d’une réforme, quitte à renvoyer à septembre pour ses modalités, le temps d’examiner l’évolution estivale des courbes du Covid, estime un conseiller.

Quels obstacles ?

Tous les syndicats, y compris la CFDT initialement favorable à une refonte du système, ont mis en garde l’exécutif contre l’adoption d’une telle réforme avant 2022, dans une économie encore convalescente. Même le Medef, partisan d’un relèvement de l’âge de départ à 64 ans, estime qu’il faut repousser son application après la présidentielle, de peur de déclencher des mouvements sociaux qui entraveraient la relance. « Pour faire cette réforme, il faut un capital politique », a déclaré son président Geoffroy Roux de Bézieux. Même avis chez certains responsables de la majorité, notamment la patron du MoDem François Bayrou ou encore le président de l’Assemblée Richard Ferrand qui souhaite « un débat présidentiel là-dessus » et pointe la précarité de la reprise. Quant à Jean Castex, favorable en privé à un relèvement de l’âge de départ, il ne serait selon plusieurs sources « guère allant » sur l’idée de précipiter le calendrier.

Quel soutien des Français ?

Interrogé sur le sujet, Gabriel Attal a fait valoir que « le constat de la nécessité d’une réforme est partagé, y compris par les partenaires sociaux », au vu des prévisions de déficit du système. Si un sondage Opinionway pour Les Echos paru mi-juin confirme ce sentiment (69% des personnes interrogées la juge nécesaire), 55% des Français estiment que ce gouvernement ne doit pas engager de mesures et attendre la présidentielle.

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