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En Périgord vert, un capteur « renifle » les traces de pesticides

C’est l’unique capteur Atmo de ce type en Dordogne. Placé dans une zone arboricole, il traque les molécules de 107 résidus de pesticides agricoles potentiellement présents dans l’air ambiant

Un air de campagne 

Depuis 20 ans déjà, l’association de surveillance de la qualité de l’air ATMO installe des capteurs sur tout le territoire pour relever les différents indices de pollution. Si l’on s’est habitué aux relevés urbains liés aux conditions climatiques, aux particules fines et à la circulation, on peut s’étonner de leur présence en pleine campagne.

Impalpables, invisibles et inodores, les pesticides aériens ne font pour l’instant l’objet d’aucune limitation

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Ça sent la pomme

Pourtant, c’est au beau milieu des champs que l’on retrouve, juché sur son piètement, le boîtier cubique coiffé de sa cheminée. L’emplacement sur la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord vert n’a pas été choisi par hasard. Proche de vergers, et notamment de pommiers, il est censé être représentatif du système agricole local, explique Florie Francony, ingénieure Atmo. Des endroits potentiellement soumis aux pesticides sur lesquels l’association ne possède que peu de données régionales.

Ce capteur doit filtrer l’air environnant, et notamment celui qui circule près des pommiers tout proches

© France 3 Périgords – Sébastien Bouwy & Pascal Tinon

Bout filtre

Posé en début d’année, l’appareil va inhaler l’air ambiant pendant une dizaine de mois jusqu’en décembre et en filter les résidus dans une petite cartouche filtrante. Chaque semaine, la cartouche est retirée pour analyse. 32 prélèvements seront ainsi passés au crible pour établir la teneur en pesticides de l’air local et son évolution dans le temps.

Cette première campagne d’analyse servira de référence pour les résultats suivants en périgord. Elle alimentera notamment la Base Nationale de Surveillance des Pesticides dans l’Air qui collecte des données sur 176 capteurs en France depuis 2002. Ces données sont publiques.

Y’a du cyprodinil dans l’air

Azoxystrobine, desisopropylatrazine, fenpropimorphe, lindane ou pendimethaline sont quelques-unes des joyeusetés que l’on peut potentiellement inhaler dans les campagnes verdoyantes. Sur les 321 substances actives répertoriées, 107 sont plus particulièrement traquées par le super-nez périgourdin, les herbicides, fongicides et insecticides qui reflètent l’impact des pratiques agricoles locales sur l’air ambiant.

Dans cette cartouche, les résultats d’une semaine de respiration continue, à la recherche de 107 molécules de pesticide

© France 3 Périgords – Sébastien Bouwy & Pascal Tinon

Passées les bornes, y’a toujours pas de limite

Pour autant, les chiffres ne sont que consultatifs. Contrairement aux pesticides dans l’eau ou les aliments, les autorités n’ont toujours pas établi un seuil à partir duquel les pesticides aériens représenteraient un danger pour l’homme. Ou la nature. Inodore et incolore et impalpable, le pesticide aérien est aussi, pour l’instant, intouchable.

Rendez-vous en juin prochain

Juin 2022, les résultats seront rendus publics. Libre aux riverains et aux acteurs politiques de s’en emparer. Parallèlement, ils seront analysés par l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (Anses) afin de tenter d’établir leur impact sur la santé et l’environnement. Si elle estime qu’il y a lieu, l’Agence donnera des préconisations pour d’éventuelles mise en place de seuils.

D’ici-là, pas de paranoïa. Si vous êtes dans les environs vous pouvez continuer à respirer. Avec ses immensités forestières, sa faible urbanisation et ses campagnes préservées, la Dordogne reste l’un des départements français où il est encore possible d’aller prendre un bon bol d’air sans porter de masque.

 

Un air sous surveillance en Périgord Vert

©France 3 Périgords

 

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