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À l’hôpital de Soissons, une unité spécialisée accueille les enfants victimes d’abus

REPORTAGE

Vendredi dernier, Brigitte Macron, accompagnée de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa et d’Adrien Taquet, ministre secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles, a visité le service pédiatrique du Centre hospitalier de Soissons, dans l’Aisne, et plus précisément l’unité d’accueil pédiatrique enfance en danger (UAPED). Cette unité, ouverte il y a près de six mois, accueille les mineurs victimes de violences physiques et sexuelles. Elle reçoit les enfants sur réquisition judiciaire, pour les entendre dans un lieu sécurisant, protecteur et aménagé, le tout par une équipe pluridisciplinaire : gendarme, policier, médecin, magistrat. Europe 1 s’est rendue sur place pour rencontrer ceux qui accueillent la parole de ces enfants.

Décoration et ameublement pour mettre en confiance

Sur les murs, des affiches de la Reine des neiges, au sol, un tapis coloré, dans un coin quelques jouets… Tout pour mettre en confiance le public accueilli. Et aucun meuble n’est laissé au hasard, comme dans la salle d’audition, où la table ronde est en verre. « Cela permet de voir ce qu’il se passe sous la table et toutes les manifestations corporelles qui peuvent exprimer de l’inquiétude, de l’angoisse, du stress », explique le Dr Sylvie Bock, pédiatre responsable de l’unité, décrivant « des enfants, qui tapent avec leurs pieds, qui se tordent les mains ». « Et puis ça permet d’être capté par la caméra. » Cette caméra au plafond, explique Sylvie Bock, est là pour enregistrer l’audition et l’envoyer aux magistrats. 

De l’autre côté du couloir, se trouve la salle d’examen. « Elle est assortie d’une table d’examen gynécologique avec des oreillers puisque j’ai parfois des petites de 5-6 ans, de 20 kilos… Il faut les caler un peu. Et ça les rassure », décrit encore Sylvie Bock. 

« Ici, ils sont considérés comme des victimes »

Rassurer les enfants, c’est le propre même de cette unité pédiatrique spécialisée. « Ici, ils sont considérés comme des victimes, mais aussi comme des êtres en souffrance. Comme nous sommes des soignants, cette dimension de souffrance est prise en compte tout autant que la dimension de plaignant », assure la pédiatre. Moi je leur dit : ‘Je suis ne suis pas policier, je ne suis pas juge des enfants. Je suis médecin, donc je suis là pour toi’. » 

Actuellement, 67 unités comme celle-ci existent aujourd’hui en France. L’objectif est d’en développer une dans chaque département d’ici 2022.

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