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Une nouvelle méthode pour piéger le moustique-tigre expérimentée autour de Montpellier

Trois sites, un à Castelnau-le-Lez, l’autre à Saint-Clément-de-Rivière, le troisième à Clapiers ont été retenus dans une étude baptisée Vectrap pour lutter contre l’invasion de cet insecte porteur de maladies graves.

L’Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique-tigre, s’invite chaque été dans nos jardins, sur nos terrasses et pourrit notre quotidien.  Depuis 2004, sa dissémination inexorable en France représente un enjeu majeur de santé publique, des cas autochtones de dengue et de chikungunya étant depuis régulièrement recensés dans le midi de la France. 

Lutte difficile

« La lutte insecticide n’est pas envisageable car les gîtes larvaires (tout récipient ou objet pouvant recueillir de l’eau, souvent de très petite taille) qu’affectionne cette espèce pullulent et sont aléatoires dans l’espace et dans le temps, à 80 % au sein des domiciles : jardins, cours, terrasses, balcons. Les autorités publiques n’y recourent qu’en cas de circulation virale. La méthode de lutte universellement recommandée consiste à supprimer ces situations ou à empêcher l’accès des moustiques-tigres femelles à l’eau. À ce jour, aucune autre méthode accessible au grand public n’existe pour réduire durablement les populations de ce moustique », précise L’EID, l’organisme chargé des zones humides en Méditerranée.

L’importance des pièges de masse

Au cours de ces dernières années, des chercheurs ont toutefois démontré l’intérêt de recourir aux pièges comme moyen de lutte. Pour que ceux-ci soient efficaces, il est cependant nécessaire d’adopter une stratégie participative permettant leur déploiement en réseau et couvrant de manière homogène le secteur à protéger. On parle alors de « piégeage de masse ». La plupart des pièges utilisés fonctionnent en attirant les femelles de moustique-tigre cherchant à piquer ou à pondre leurs œufs.

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Vectrap, piégeage massif

Le projet VECTRAP, d’une durée de 3 ans, a pour objectif de démontrer l’efficacité, la faisabilité et l’acceptabilité sociale d’une nouvelle stratégie de lutte contre le moustique-tigre basée sur le piégeage massif au moyen de pièges pondoirs et de pièges à succion, alliée à la mobilisation citoyenne.

Il faut couvrir une zone très importante et le plus de maisons possible

Yvon Perrin, entomologiste à l’IED

« L’idée est de se servir du piégeage comme moyen de lutte », indique Yvon Perrin, entomologiste à L’EID. Pour réduire cette nuisance de manière significative, il faut couvrir une zone très importante et le plus de maisons possible, au moins 80 % dans les quartiers concernés. Il faut un certain type de pièges (de grande taille…) dans des quartiers de 80 maisons par commune ».

Huit sites

Au total huit sites sont concernés, la moitié sera munie de pièges, l’autre pas pour pouvoir comparer les densités de populations de moustiques. Il y aura des pièges passifs, -des récipients d’eau pour attirer les moustiques  pour attirer les femelles afin qu’elles y pondent leurs oeufs, mais équipés d’une moustiquaire pour les empêcher de pondre. « Au bout d’un moment, elle vont se lasser du piège, vont tourner et se coller sur une carte collante et être capturées. Dans certaines maisons on va mettre des pièges actifs,  « attractifs »consistant à attirer les femmelles en recherche d’une personne à piquer, et elles seront ensuite aspirées dans un filet. Le plus efficace étant d’en poser dans un rayon de 200 mètres », ajoute l’entomologiste.

3 ans

 Cette expérimentation sera conduite sur trois ans afin que les collectivités se l’approprient et pour pouvoir déployer un cahier des charges précis pour les communes qui l’adopteront pour ensuite diffuser cette méthode.

Les brigades du tigre

A Castelnau-le-Lez on participe à l’expérimentation de manière naturelle. La municipalité travaille déjà sur la lutte contre le moustique tigre avec les lycéens de Pompidou. « Nous envisageons de faciliter l’information et de faire le lien avec les habitants concernés pour ce projet qui va s’étaler sur trois ans », ajoute Jean Koechlin , adjoint à la ville durable à la mairie de Castelnau, et ce d’autant plus que nous avons nos brigades du tigre : des lycéens déjà formés au diagnostic et à la lutte contre ce fléau. Quant aux heureux élus habitant les quartiers retenus par l’expériementation, ils recevront les précieux pièges la semaine prochaine.

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