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notre cadeau pour le centenaire de Frédéric Dard

Le père de San Antonio aurait eu cent ans ce 29 juin. Notre collaborateur Hubert Prolongeau lui avait rendu un hommage ému en 2015, pour le lancement en numérique de la collection Duetto. En ce jour anniversaire, nous republions ce texte à la première personne d’un lecteur remué par les aventures du commissaire depuis l’adolescence.

Nous sommes tous nés en même temps qu’une couverture de San-Antonio. De 1949 à 2001, chaque trimestre a été marqué par l’apparition d’un nouveau titre. Les premiers s’accompagnaient de dessins signés Michel Gourdon : vignettes réalistes, titre en lettres rouges, identification évidente à la série B et à la littérature populaire. Puis un bandeau rouge désigna le désormais « commissaire San-Antonio ». En 1965, le « commissaire » tomba, et le nom San-Antonio vint s’inscrire en gros dans un cartouche gris en haut du livre. Avec Tango chinetoque, Viva Bertaga ou Ma langue au chah apparurent des pin-up exotiques dont les coutures contenaient mal des appâts trop corsetés. Le commissaire y est représenté en jeune premier des années 60. Suit une tentative plus « moderne » : le nom San-Antonio est en croix, et penché. La taille des jupes diminue, et l’attention, jusque-là centrée sur les décolletés, s’oriente plutôt sur les jambes.…

L’intégrale de San-Antonio bouclée à temps pour les 100 ans de Frédéric Dard Livres Hubert Prolongeau 2 minutes à lire

Les années 70 voient un « relookage » total : le nom Antonio éclate en très gros, barré d’un petit San, et le dessin est devenu photo. La charge sexuelle est évidente à chaque fois, mise en lumière par l’exposition d’une bouche pulpeuse mordant un fruit, par un sein nimbé d’un halo « artistique ». Les titres, eux, donnent allègrement dans le calembour salace : Sucette boulevard, Mets ton doigt où j’ai mon doigt, Tarte aux poils sur commande… Cette période durera jusqu’en 1988. Les audaces n’en seraient elles plus ? L’humour serait-il plus vendeur que la sexualité ? La série qui suit réécrit en très gros le San-Antonio, dans le sens de la hauteur et sur le coté gauche du livre, et une vignette est confiée à un dessinateur, Wolinski le plus souvent. Ca ne changera plus guère, sinon pour modifier la topographie. Une série sur fonds gris ira même jusqu’à marquer deux fois sur la couverture le nom de San-Antonio : la première en grosses lettres verticales comme héros de la série, la seconde en haut comme auteur du livre. Le créateur et la créature se confondent. Pour la dernière métamorphose, Wolinski est remplacé par François Boucq, au dessin plus travaillé… J’ai découvert San-Antonio à l’heure de ses couvertures les plus sensuelles. C’était au milieu des années 70. J’avais 12 ans. Ça n’est pas innocent.

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