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LA QUESTION SEXO – Comment surmonter un traumatisme sexuel ?

Après avoir été victime de violences sexuelles, comment peut-on se reconstruire et surmonter ce traumatisme ? Quelles barrières la victime doit-elle surmonter avant d’apprendre à vivre avec cet évènement ? Ce mardi dans « Sans rendez-vous », l’émission santé d’Europe 1, la sexologue Catherine Blanc répond à une auditrice qui n’arrive plus à avoir de rapports sexuels ni à se projeter avec quelqu’un d’autre, après avoir été victime de violences.

La question de Philippine, 21 ans

« J’ai été victime de violences sexuelles quand j’étais plus jeune. J’ai aujourd’hui 21 ans mais il est pour moi inconcevable d’avoir des rapports sexuels ou même de m’imaginer dans une relation. Je ne sais pas quoi faire pour arranger ça. Est-ce que c’est normal de ressentir ça ? » 

La réponse de Catherine Blanc 

« En réalité, la question est ce qu’on fait de nos traumatismes. Et la réponse à la question de savoir si c’est normal que ça puisse avoir cet écho, c’est que oui, c’est évidemment normal. Ceci étant, il n’est pas question que cet évènement la définisse et c’est toute la difficulté. C’est tout l’enjeu d’un travail psychologique.

C’est se permettre de remettre l’histoire à l’histoire et de ne pas se sentir coupable, car les victimes se sentent souvent coupables, au nom de leur non défense, de leur participation tout à fait inconsciente, ou de s’interdire d’être touchées. Soit on ne peut pas être touché parce qu’on se réduit à la position de victime et on se punit, soit parce que c’est notre façon d’être enfin dans le « non » affirmé grâce à cette impossibilité d’être touché justement. 

Comment peut-on vivre avec ? Est-ce que ça passe par la condamnation de la personne responsable ? Par une lettre d’excuse de cette dernière ? En parler aux proches autour de nous ? Est-ce qu’il y a une façon de se réparer ?

Je crois que le chemin de chacun et chacune sont des chemins différents. Je crois effectivement que le fait de pouvoir sortir de ce huis clos entre soi et son agresseur d’une certaine manière, c’est-à-dire qu’il n’y a que lui et moi qui le savons, est important pour pouvoir dire paisiblement ses émotions à ses proches. C’est parfois intéressant d’imaginer même des consultations familiales pour que la parole puisse se redistribuer et éviter que la personne victime soit sous l’obligation du silence pour ne pas embêter sa famille. 

Parfois, c’est aussi se confronter à la personne qui a agressé et la confronter à la réalité de son acte de la justice. Et puis, évidemment, c’est un travail de reconstruction et de réparation. Il est important de ne pas se réduire à un évènement de notre histoire. C’est tout un chemin de reconstruction qui peut passer par la psychothérapie, par l’hypnose ou par d’autres techniques.

Quand on a affaire à la justice, il faut veiller à le faire quand on se sent apte à l’affronter parce qu’il n’est pas question de se retrouver à nouveau victime, cette fois de la justice qui, pour vous protéger, vous expose. 

Pourquoi refuse-t-elle même l’idée d’avoir juste une relation amoureuse, de tomber amoureuse, d’avoir un conjoint ? 

C’est un peu ce que l’on retrouve dans un autre cadre qui n’est pas pour le coup traumatisant. On le retrouve chez une femme qui n’a pas de désir et qui n’accepte pas que son mari touche son épaule ou la prenne dans ses bras. Tout simplement parce qu’elle se dit que s’il touche son épaule, s’il la prend dans ses bras, ses mains vont descendre et ça va devenir sexuel. 

C’est une façon en réalité de mettre le holà très en amont de la situation. C’est le meilleur moyen de se protéger. Souvent, les patientes me disent ‘vous ne comprenez pas Catherine, j’ai été excitée’ alors qu’elles ne le voulaient pas. Et donc, pour ne pas pas être excitée, il faut vraiment prendre les devants très très en amont pour ne pas risquer de se faire trahir par son propre corps. C’est souvent ce que craignent les victimes de telles violences. »

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